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Passer à l’équitation sans mors : par où commencer et avec quel matériel ?

Le guide incarné d’une artisane qui monte aussi ses chevaux sans mors depuis des années.


ll y a quelques années, je me suis essayée à l’équitation avec ma jument Gracie. Aujourd’hui, elle est régulièrement montée en side-pull. Et lorsque sa fille Luna a eu l’âge d’être débourrée, je l’ai fait exclusivement au licol éthologique et au side-pull. Elle est, pour l’instant, montée exclusivement sans mors depuis bientôt deux ans.

Je n’ai pas fait ça pour suivre une mode, ni pour faire joli en photo. Simplement parce que j’avais l’intuition, confirmée séance après séance, que notre conversation pouvait se passer de cette pièce de métal dans sa bouche.

Cet article n’est pas un manifeste anti-mors. C’est un guide honnête, pensé pour celles et ceux qui se posent la question : par où commencer ? Et surtout, quel matériel choisir pour ne pas se tromper ? Je vais vous parler du side-pull, du hackamore, du licol ethologique, de ce qui les différencie vraiment, et de comment j'ai commencé à monter mes chevaux sans mors.


Pourquoi essayer l’équitation sans mors ?


Je ne vais pas vous servir le discours du cheval libre et heureux qui galope, cheveux au vent, dans les blés. La réalité est plus nuancée. Monter sans mors n’est pas une garantie de respect, et monter avec un mors n’est pas forcément violent non plus. Ce qui compte, c’est la main qui tient les rênes et la raison pour laquelle on fait ce choix.

Mors ou ennasure, il s’agit là d’outils, et tout dépend de la manière dont ils sont utilisés. Certains demandent plus ou moins de savoir-faire et une main entraînée.


Ce que j’observe chez mes chevaux et ceux de mes clientes


Dans mon atelier en Ardèche, je croise beaucoup de cavalières qui me commandent un side-pull après une période de doute avec leur cheval. Un jeune qui se défend au mors. Une jument qui serre les dents à chaque reprise. Un vieux cheval pour qui l’embouchure devient inconfortable. Ou, plus simplement, ce besoin viscéral de retrouver quelque chose de plus direct, de plus dépouillé dans la communication.

Dans la grande majorité des cas, ce que je vois quand le mors disparaît, ce n’est pas un miracle. C’est une remise à plat. Le cheval retrouve une mâchoire détendue, le cavalier retrouve une main plus fine parce qu’il sait qu’il n’a plus le confort du mors pour compenser ses déséquilibres. C’est souvent là que commence une vraie progression.


À qui s’adresse vraiment l’équitation sans mors ?


Je vais être franche : le sans-mors n’est pas pour tout le monde, ni pour tous les chevaux, ni à tous les moments de leur parcours. Pour vous aider à vous situer, voici les profils pour lesquels cette transition a vraiment du sens :


• Le cavalier qui a déjà une bonne assiette et qui ne se rattrape pas aux rênes pour tenir en selle.• Le cheval confirmé qui connaît les aides : jambes, poids, voix. S’il n’a jamais entendu parler d’autre chose que du mors, il faudra d’abord réinstaller la base.


• Le cavalier qui pratique déjà l’éthologie ou le travail à pied, parce que la mécanique de communication est déjà bien ancrée.


• Le cheval qui montre un inconfort buccal récurrent : grincement de dents, défense à l’embouchure, langue qui sort. Dans ce cas, c’est souvent un vrai soulagement.


• Le duo qui veut une pratique d’extérieur plus détendue, où le cheval peut boire, brouter ou souffler sans être gêné par une barre de métal.



Si vous vous reconnaissez dans au moins deux de ces profils, la transition a de grandes chances de bien se passer. Si aucun ne vous parle, je préfère vous le dire honnêtement : travaillez d’abord l’assiette et les aides, le reste suivra.


Side-pull, hackamore et licol éthologique : comprendre les différences avant de choisir


C’est le nœud du problème, et c’est là que la plupart des cavalières se perdent. Tous ces équipements sont des ennasures, c’est-à-dire des pièces qui agissent sur le nez du cheval et non dans sa bouche. Mais leurs mécaniques sont très différentes, et choisir au hasard, c’est prendre le risque de se tromper sur toute la ligne.


Le side-pull : l’action latérale douce


C’est, pour moi, la meilleure porte d’entrée vers le sans-mors. Le side-pull fonctionne par action latérale directe : quand vous agissez sur une rêne, la muserolle exerce une pression proportionnelle à l’action. Il n’y a pas de levier, pas d’amplification, pas d’effet retardé. La demande arrive, le cheval répond. Simple et lisible.

C’est pour cette raison que je le recommande en premier.

De plus, pour le cavalier, l’utilisation est très semblable à un mors simple : bref, c’est un outil idéal pour débuter.


Dans ma gamme, je propose deux modèles : le side-pull Baroudeur avec sous-auge, pensé pour l’équitation d’extérieur et qui se transforme en licol pour les pauses en balade, et le side-pull Prestige, plus léger, avec galon brillant, pour celles qui veulent un équipement élégant sans sacrifier la finesse.



Le hackamore : l’action à levier


Le hackamore, c’est une tout autre histoire. Il fonctionne avec des branches, comme un mors de bride, mais qui exercent leur action sur le chanfrein et la nuque via une gourmette. C’est un équipement puissant, parfois même plus sévère qu’un mors mal utilisé, parce que l’effet de levier amplifie considérablement la moindre sollicitation de la main.

Je le déconseille formellement comme premier équipement sans mors. Il demande une main extrêmement posée, une assiette indépendante, et un cheval qui sait déjà répondre à des demandes fines. Le cheval doit également comprendre le fonctionnement de la rêne d’appui, car toute action latérale est impossible.

Dans mon atelier, je fabrique des hackamores tressés en paracorde avec une option confort en caoutchouc cousue, parce que je considère que si on utilise cet outil, autant qu’il soit le plus respectueux possible du chanfrein.


Le licol éthologique :  un outils polyvalent :


Le licol éthologique est un outil de travail basé sur la finesse et la précision, utilisé aussi bien pour le travail à pied que, dans certains cas, pour le travail monté. Grâce à sa conception en corde et à ses nœuds stratégiquement placés, il agit comme un véritable outil de communication, permettant au cheval d’apprendre à répondre à la moindre pression. Il existe différents modèles, plus ou moins épais : plus le licol est fin, plus son action est marquée et donc potentiellement contraignante, ce qui exige une utilisation mesurée. Cet équipement s’adresse avant tout à une main expérimentée, capable de doser ses demandes avec justesse. Il ne doit jamais être utilisé dans la tension ou la contrainte continue, car ce n’est pas une encolure de contact comme peut l’être un mors : son efficacité repose au contraire sur des actions brèves, légères et relâchées, favorisant la compréhension et la légèreté du cheval.

Critère

Side-pull

Hackamore

Licol ethologique

Type d'action

Latérale et directe, sans levier

À levier, action sur nuque et chanfrein

Directe

Niveau requis

Accessible aux débutants en sans-mors

Cavalier confirmé, main très légère

Cavalier expérimenté, ou encadré

Finesse de l'action

Douce, pédagogique, lisible

Très précise mais plus incisive

Subtile, demande une vraie sensibilité

Usage idéal

Balade, plat, transition douce

Extérieur, chevaux éduqués, western

en TAP, ou à la monte. certains n'uilisent plus que cet outils.

Chez Gracie Création

Modèles Baroudeur et Prestige en paracorde

Hackamore tressé, option confort intégrée

licol en corde française

Transition en douceur depuis le filet classique : ma méthode en trois étapes


Je vais parlé de comment j'ai commencé à monter mes propres chevaux sans mors. Ce n’est pas un protocole figé, c’est une progression de bon sens, qui respecte le rythme du cheval comme celui du cavalier.


Les premières séances montées en carrière

Pour les toutes premières séances avec une ennasure, voici la progression que je recommande :

  1. Commencez en carrière ou en manège, jamais en extérieur. Votre cheval doit pouvoir se tromper sans conséquence.

  2. Montez dans les allures lorsque les premières étapes sont acquises (cela peut aller plus ou moins vite !).

  3. Sortez en extérieur seulement quand tout le reste est acquis.


Adapter sa main et ses aides au sans-mors

Le grand changement, ce n’est pas tant le matériel que la façon de s’en servir. En sans-mors, et particulièrement en licol éthologique, il faut oublier la main en continu. On demande, le cheval répond, on relâche. On ne reste pas au contact comme avec un mors. C’est une main qui parle puis se tait, et ce silence est aussi informatif que la demande elle-même. C’est le fameux timing !

J’insiste aussi beaucoup sur les aides du bassin et de la voix. Un cheval monté en sans-mors bien avancé devrait être capable de s’arrêter sur un simple changement d’assiette ou un mot. Cela vous aidera aussi pour passer plus tard en cordelette.

Si vous n’avez que les rênes dans votre trousseau, vous vous privez de quatre-vingts pour cent des outils disponibles. Mais cela est aussi valable pour la monte classique en mors.


Retour sur expérience :


Le plus que trouvent mes clients :


Une personnalisation à tous les niveaux : taille, couleur… et même une option sur mesure sans supplément.


Et ça, c’est valable pour les articles sans mors, mais aussi pour toute la boutique !

Mon atelier est en Ardèche, je fabrique à la commande, en 10 à 15 jours ouvrés. Vous choisissez les couleurs, les options, la taille exacte, et je façonne l’équipement qui correspond à votre cheval. Ce n’est pas une production industrielle, c’est un accompagnement. Et c’est, je crois, ce qui manque le plus aujourd’hui dans l’équipement équestre : quelqu’un au bout du fil pour vous aider à faire le bon choix.



Camille — Gracie CréationSellerie artisanale et éthologique

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